Contenu du cours
MODULE 1 : Comment fonctionnent nos émotions ?
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MODULE 2 : Outils de régulation émotionnelle d’urgence
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MODULE 3 : Outils de régulation du système nerveux au quotidien
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MODULE 4 : Comment réguler vos émotions en couple ?
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MODULE 5 : Comment faire de ces outils des habitudes dans votre quotidien ?
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PROGRAMME EN LIGNE : Couple et Emotions
À propos de la leçon

La sensibilité émotionnelle, même si elle est intense, n’est ni une faiblesse ni de la sensiblerie. Les émotions sont une expression de notre bien être. Il en est de même pour l’hypersensibilité, avec cette particularité de venir d’un fonctionnement neuronal atypique.

Par moment, notre sensibilité peut être un vrai cadeau et nous permettre d’exercer des métiers et passions extraordinaires où elle est un vrai atout : musicien, thérapeute, créateur, photographe, soigneur animalier, graphiste, pâtissier, éducateur, sculpteur, menuisier etc.

D’ailleurs, de nombreuses personnes célèbres seraient ou auraient été hypersensibles : Maryline Monroe, Françoise Sagan, Martin Lutter King, Walt Disney, Marion Cotillard, Albert Einstein, Carl Jung, Gandhi, Mère Teresa, Jane Goodall, la princesse Diana, Vincent Van Gogh, Steven Spielberg, Mozart, Beethoven, Bjork, Bob Dylan, John Lennon, Elton John, Alanis Morissette etc.

Sans ces hypersensibles, nos vies seraient moins savoureuses, non ?:)

Donc pas de quoi rougir de votre sensibilité ou votre hypersensibilité, au contraire !

Parfois, on peut considérer notre sensibilité comme un handicap. Quand on est submergé par l’émotion et qu’on ne parvient pas à reprendre le contrôle. Les conséquences peuvent effectivement être très lourdes quand on ne dispose pas des bons outils de régulation émotionnelle. Cela peut impacter nos relations notamment : entre parents et enfants, au sein du couple, entre amis ou entre collègues. Cela peut aussi toucher nos projets, qu’ils soient personnels ou professionnels : procrastination, stagnation, renoncement, échec… Sans oublier notre santé quand on est trop souvent débordé.e émotionnellement : insomnie, maladies, allergies, dépression, burn out etc…

 

Focus sur l’hypersensibilité 

Une personne hypersensible est une personne dont la sensibilité est accrue avec un système neuronal qui est plus actif et plus réactif. Leur cerveau capte les informations sensorielles et émotionnelles plus vite et plus intensément. Leurs émotions et leurs sensations sont aussi plus vives.

Il existe différents profils. Certains ont une perception plus forte du langage non verbal, des émotions, de l’ambiance. Cela passe aussi par une réactivité visuelle accrue (lumières fortes, détails), auditive (bruits monotones, bruits au loin), olfactive (odeurs gênantes), ou tactile (matières désagréables à porter).

L’empathie très développée est aussi un point commun à la plupart des hypersensibles. Certains peuvent même présenter le « syndrome du sauveur » : ne pouvant supporter l’émotion ressentie face à une personne qui va mal, elle ne voit pas d’autre option que de l’aider à aller mieux, au détriment souvent de son propre bien être.

Les valeurs des hypersensibles prennent aussi une grande place dans leur vie. Passionnées, révoltées par l’injustice, en quête de profondeur dans les relations, ce sont souvent des personnes passionnantes.

Au delà des débordements émotionnels et sensoriels, les hypersensibles sont malheureusement plus sujets au surmenage, stress, angoisses, burn out, dépression, maladie chronique… La saturation intervient plus rapidement car la sur-stimulation est plus rapidement atteinte. Nos capacités d’adaptation s’effondrent aussi plus vite, et avec elles, nos seuils de tolérance aux stimulations. C’est le cercle vicieux. Plus on vit de la stimulation, moins on est en capacité de s’y adapter, et donc plus on vit du débordement émotionnel et sensoriel. D’où les surmenages et burn out plus fréquents chez nos chèr.e.s hypersensibles…

 

Prendre la responsabilité de nos émotions

L’une des premières choses à faire dans la gestion de nos émotions, c’est d’en prendre la responsabilité, et de ce pas rejeter la faute sur l’autre. Responsables mais pas coupables bien sûr. Je crois profondément qu’on fait tous de notre mieux avec les moyens dont nous disposons. Et dans la plupart des cas, nous n’avons pas appris à reconnaître, accueillir, ou gérer nos émotions, ce qui limite pour beaucoup nos moyens.

Alors pourquoi suggérer de prendre la responsabilité de nos émotions ? Par ce simple constat : une autre personne pourrait réagir différemment dans une même situation. Par exemple, le retard d’une personne à un rdv peut nous énerver si nous avons à cœur de maîtriser notre temps. Mais si nous aimons nous laisser porter par les imprévus, nous ne serons pas affectés par ce retard. Autre exemple, face à une personne en colère, certain.e.s d’entre nous peuvent se trouver terrifié.e.s, d’autres au contraire vont s’énerver à leur tour, ou au contraire, seront juste curieux de comprendre ce qui bouleverse leur interlocuteur.

La Communication Non Violente nous enseigne que nos émotions sont la manifestation de la satisfaction ou non de nos besoins. Une définition du terme besoin s’impose pour bien comprendre ce principe de cause à effets : les besoins sont universels, nous les partageons tous, mais pas avec le même niveau d’importance. Exemples de besoins : créativité, amour, affection, épanouissement, repos, paix, évolution, réconfort, soutien, légèreté, complicité, équité… Vous trouverez une liste de besoins disponible en PDF dans les documents du programme.

Je vous invite à envisager que ce qui se passe ou ce que fait ou dit une personne n’est qu’un stimulus. Ce qui est, contrairement à ce qu’on pourrait croire au premier abord, une bonne nouvelle ! Imaginez que vous ne soyez dépendants que des autres pour diminuer les émotions désagréables et ressentir plus d’émotions agréables ? La bonne nouvelle, c’est effectivement que, si nous sommes responsables de ce que nous ressentons, et que les autres ne produisent que des stimulus, nous pouvons agir dessus, sans attendre que les autres bougent ! Pas si simple vous me direz et je suis bien d’accord. Mais c’est tout de même mieux que de rester dans l’attente ! Il existe des outils qui nous facilitent la vie dans ce domaine émotionnel, je vais vous les transmettre.

 

Les émotions : le GPS intérieur de notre bien-être

Nos émotions sont précieuses pour notre bien être, elles sont comme un GPS qui nous signale si nous sommes dans la bonne direction ou non, si nos besoins essentiels sont satisfaits ou non. Il est donc important de les prendre en compte. Ignorer cette émotion peut faire l’effet d’une cocotte minute, elle finira par se manifester mais de façon plus intense et dans un contexte qu’on ne pourra contrôler.

Par exemple :

Si je ressens de la frustration, serait ce parce que je n’ai pas assez de temps pour me ressourcer ?

Que puis-je faire pour consacrer du temps à ce besoin de ressourcement ?

Si je ne le fais pas, mes enfants et/ou mon.a conjoint.e risquent de subir ma mauvaise humeur.

Il s’agit donc de prendre en compte nos émotions comme nous prendrions en compte la direction préconisée par le GPS. Identifier le besoin non satisfait est la première étape pour ensuite se demander comment le satisfaire par une action simple et concrète. Je peux par exemple prendre un bain, lire un livre, demander à des amis ou mon/ma conjoint.e de s’occuper des enfants le temps de se reposer, aller à la piscine ou au cinéma. Il peut être sage d’organiser une pause régulière de ce type dans mon emploi du temps pour prendre soin de ce besoin avant qu’il ne génère une émotion intense.

 

Les blessures de l’enfance

Nous avons tou.te.s des blessures d’enfance. Pas besoin d’avoir vécu de gros traumatismes pour que naissent des blessures qui nous impactent dans notre vie d’adulte. Le cerveau humain est complètement mature à 25 ans. Avant cela, notre capacité à raisonner et à faire face aux situations avec un système nerveux stable est limitée. C’est d’autant plus vrai avant 7 ans environ. Cette immaturité émotionnelle peut nous faire percevoir certaines expériences avec intensité dans l’enfance et l’adolescence.

Exemple :

Vous vous disputez avec votre meilleure ami.e à l’école à l’âge de 7 ans. Vous attendez avec impatience que votre maman vienne vous chercher à la fin de la journée pour vous apporter le soutien affectif dont vous avez besoin. Malheureusement, elle est en retard à cause de bouchons sur la route. L’attente est très stressante pour vous car ce besoin de soutien affectif est criant. De cette expérience peut naître une blessure d’enfance. Vous pourrez ressentir du stress à l’occasion des retards de vos proches. Stress qui pourra être incompris si vous ne faites pas le lien avec cette expérience d’enfance.

La difficulté majeure avec les blessures d’enfance, c’est qu’une fois activées, elles nous font réagir comme si nous avions l’âge de l’expérience vécue comme traumatisante. Pour reprendre le même exemple, si votre conjoint.e a 10 minutes de retard, vous pouvez réagir de façon disproportionnée, comme si le retard était d’une heure pour une occasion ou il ne fallait surtout pas être en retard. Vous réagissez alors comme la petite fille ou le petite garçon de 7 ans que vous étiez à l’époque, avec l’immaturité émotionnelle de cet âge.

On peut reconnaître ces blessures d’enfance par l’intensité émotionnelle ressentie et la disproportion apparente compte tenu de la cause de l’émotion. Elles sont source de beaucoup des conflits et disputes dans le couple. La personne activée dans sa blessure d’enfance va se retrouvée envahie par l’émotion avec de grandes difficultés pour la réguler. La/le partenaire ne va pas comprendre la réaction disproportionnée et peut reprocher cette exagération. Il y a donc incompréhension mutuelle.

Dans ces situations, le dialogue est important pour que chacun.e reconnaisse les zones sensibles de son partenaire. Il s’agit de s’engager à éviter de toucher ces zones sensibles dans la mesure du possible et à soutenir quand ces zones sont activées.

 

Êtes-vous en état d’épuisement ?

Je vois souvent des couples en crise dont au moins l’un des deux est en proie à un épuisement voir un burn out. La fatigue occasionnelle, le stress, la fatigue chronique, l’épuisement, le burn out entraînent un repli sur soi, une capacité limitée à être en lien, que ce soit avec le partenaire ou les enfants. Épuisé.e, nous sommes moins patients et plus irritables. Cela peut fortement impacter le couple par des disputes plus fréquentes, des moments de qualité moins réguliers. Ça peut être un cercle vicieux : plus on est fatigué, plus on a du mal à gérer les émotions, moins on est en capacité d’être en lien, et moins on est en lien, moins on a l’élan d’aller vers l’autre, plus on est fatigué. Avec un fort sentiment d’être incompris.e. et pas soutenu.e.

L’épuisement est un vrai sujet qui concerne beaucoup de personnes qui ne s’en rendent pas toujours compte. Consulter son médecin de famille peut être un début de solution pour une prescription temporaire adaptée et/ou un arrêt de travail le temps de retrouver son équilibre. Vous trouverez aussi des outils dans le module « Outils de régulation au quotidien ».

 

Un principe général : vivre l’émotion pour qu’elle s’envole

Dans les modules 2 et 3, je vous présente plusieurs outils pour apprendre à réguler vos émotions. Je vous explique déjà un principe général : une émotion non vécue reste en vous tant qu’elle ne peut pas s’exprimer. C’est pourquoi on peut avoir ces effets « cocotte minute » : on réagit intensément pour ce qui peut sembler une broutille. C’est le résultat de multiples émotions non vécues qui finissent par s’exprimer ensemble sans prévenir à l’occasion d’un désagrément.

Il est donc recommandé de ne pas mettre de côté de vos émotions et de les vivre au fur et à mesure. Si vous ne pouvez pas la vivre dans l’instant parce que vous êtes entouré.e.s de collègues ou de vos enfants par exemple, programmez vous un moment pour y revenir quand vous serez seul.e. Dans votre voiture par exemple, en balade avec votre chien.ne, sous votre douche. On appelle ça de l’hygiène émotionnelle !:)

Pour les émotions liées à des situations plus graves comme un deuil, une maladie ou une séparation, l’émotion devra sans doute être vécue à plusieurs reprises, parfois sur une longue période. Mais vous sentirez à chaque fois un soulagement d’avoir « vidé » cette émotion. Le trop plein émotionnel sera de moins en moins fort et de moins en moins fréquent au fur et à mesure.